Catherine Baas
Catherine Baas est une artiste environnementale : elle conçoit des éléments de ses mains qu’elle introduit dans le paysage pour créer un dialogue entre l’artifice et le vivant. Sa démarche repose sur une approche in situ exigeante : comprendre un territoire, ses usages, ses rythmes, et imaginer comment une œuvre peut entrer en résonance avec le public. Une histoire onirique est à retrouver à l’écluse 69S à LONGECOURT-EN-PLAINE.
Une artiste environnementale, ancrée dans l’in situ
Catherine Baas est une artiste plasticienne formée aux Beaux-Arts de Grenoble, dont le parcours se construit à la croisée de la création et de la transmission. Ancienne enseignante en histoire de l’art, elle développe un regard attentif aux formes, aux récits et aux symboles. Ses nombreux voyages ont façonné une sensibilité particulière au vivant, qu’elle consigne dans des carnets de recherches consacrés aux plantes. Cette attention au végétal l’a conduite à imaginer plusieurs jardins artistiques, notamment pour le Festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire et le Festival des jardins de la Côte d’Azur, où elle explore les textures, les silhouettes et les histoires que porte la nature.
Catherine Baas se définit comme une artiste environnementale : elle conçoit des éléments à la main qu’elle introduit dans le paysage pour créer un dialogue entre l’artifice et le vivant. Sa démarche repose sur une approche in situ exigeante : comprendre un territoire, ses usages, ses rythmes, et imaginer comment une œuvre peut entrer en résonance avec le public, devenir un point de rencontre, un espace fédérateur. Cette manière de travailler l’a amenée à répondre à plusieurs commandes publiques et à collaborer avec des institutions muséales.
Du dessin à la maquette, un jeu de volume et d’équilibre
Le dessin constitue toujours le point de départ de ses créations. Catherine Baas aime jouer sur les changements d’échelle, déplacer les repères, créer des surprises visuelles qui ouvrent une brèche vers l’imaginaire. Elle puise volontiers dans des figures collectives comme Alice au Pays des merveilles, qui lui permettent d’explorer le merveilleux, la perception et les passages entre les mondes. Cette combinaison de rigueur, de poésie et d’attention au vivant constitue la signature de son univers artistique.
Du dessin à la maquette, elle travaille le volume pour voir grandir l’œuvre au fil de sa construction. Elle réalise ensuite des dessins techniques, complétés par une modélisation 3D effectuée par un ingénieur, qui permet de tester la résistance des matériaux destinés à l’espace public. Elle collabore avec différentes entreprises ; pour Une histoire onirique, elle a notamment fait appel à la faïencerie de Longchamp, ancrant davantage l’œuvre dans le patrimoine local.
Son approche oscille entre sommeil et éveil, imaginaire et réel. Le rêve, la métamorphose et l’hybridation sont au cœur de son travail, et trouvent une expression particulièrement forte dans cette œuvre. L’hybridité de l’être est au cœur de la proposition : un personnage mi-végétal, mi-humain, qui encourage enfants et adultes à se laisser porter par leur imaginaire.

Son approche du canal : une œuvre interactive
Catherine Baas a imaginé Une histoire onirique comme une porte d’entrée sur le territoire. Elle a choisi la feuille — transformée en barque — comme support d’éléments hétéroclites qui se rencontrent à différentes échelles. Le personnage à tête de fleur, la maison et les poissons volants proposent un redimensionnement poétique du patrimoine de la Plaine Dijonnaise.
Pour concevoir l’œuvre, elle est partie des éléments naturels qui entourent le canal. Après de nombreux essais, elle sait rapidement qu’elle proposera une structure en hauteur, portée par des pieds. Les six pieds qui soutiennent l’ensemble font écho au Sentier des Six Filles, une boucle de 6 km reliant Chambeire, Cessey-sur-Tille et Remilly-sur-Tille.
Elle privilégie ici une approche métaphorique plutôt que figurative. L’univers aquatique du canal se retrouve dans les bulles et les poissons, mais aussi dans le mouvement suggéré par l’inclinaison de l’œuvre, qui évoque une houle légère. Catherine Baas explore pour la première fois un répertoire colorimétrique inédit : le dialogue entre la couleur et la verrerie crée un jeu de lumière où les poissons changent de teinte lorsqu’ils traversent la feuille, comme s’ils passaient de l’eau à l’air.
L’œuvre se veut également interactive : elle invite à la contemplation, mais offre aussi de l’ombre et un abri aux passants. Elle fait dialoguer la terre et le ciel, et les éléments hétéroclites qui reposent sur la feuille semblent émerger directement du canal. L’imaginaire collectif est convoqué, avec des références à Alice au Pays des merveilles ou à Poucette de Hans Christian Andersen, née dans une fleur.
Ce projet, aussi singulier soit-il, s’inscrit dans la continuité de son travail tout en l’amenant à affiner encore son sens de l’art. Il émane autant d’elle que du lieu lui-même.
Les coulisses de la construction
Pour Catherine Baas, le mot qui résume l’œuvre est
"onirisme"
une création entre imaginaire et réalité, qui invite à voir au-delà du réel tout en partant du réel. Elle rappelle que le travail artistique n’existe que s’il est partagé : offrir quelque chose au public, proposer un regard sur le territoire, c’est ce qui donne vie à l’œuvre.
Catherine Baas
1 Rue de la Condamine 42220 Saint Julien Molin Molette0661041530
0477515047
Nos partenaires
Ce projet a été réalisé en collaboration avec Voies Navigables de France (VNF), en collaboration avec l'entreprise Belugart & avec le soutien de la Région Bourgogne Franche-Comté.
Crédits : © FOXAEP Photographie


